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_ Jean-Pierre Faye

Importante et multiple, mêlant le récit et le poème, le chant et la narration, l’œuvre romanesque de Jean-Pierre Faye, que lui-même préfère nommer « Fiction », est impossible à résumer.

Chaque livre est à la fois singulier et pluriel ; chargé, soit d’une histoire propre qui s’ouvre et se clôt, tel « Yumi » ou « Didjla, le Tigre», soit d’histoires et de personnages qui traversent plusieurs recueils, s’y mêlent et s’y emmêlent, s’écoutent et se répondent d’échos en échos en une gestation presque infinie.

Cette œuvre singulière est aujourd’hui épuisée et pratiquement introuvable. Parce que nous la jugeons exceptionnelle, tant par sa forme, parfois expérimentale, parfois épique, que par le bonheur de la langue qu’elle déploie, verbe vif ou sourde incantation, nous avons décidé d’entreprendre sa réédition intégrale. Et parce que cette langue, mise en mots, est aussi un lied offert à l’écoute, nous nous sommes efforcés d’accompagner chaque réédition d’un DVD de lecture audio, intégrale ou partielle, lue par une comédienne.

Le choix du féminin s’est imposé immédiatement : l’univers de Jean-Pierre Faye, si l’on y prête vraiment attention, est terre de femmes. Fabian Gastellier, directrice générale.

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: L'ECLUSE // retour << ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Une ville qui n’est pas nommée – mais dont le nom est sur toutes les lèvres – une ville coupée en deux : de là est partie Vanna, qui maintenant sommeille à l’arrière d’une voiture conduite par Alé, l’ami retrouvé à qui elle parle silencieusement en s’endormant. Retournée dans la ville, Vanna va et vient entre les deux moitiés : – le côté où elle rencontre Ewald et d’où il ne peut sortir pour la suivre, d’où elle ne pourrait plus revenir si elle se fixait auprès de lui vraiment, – et le côté où elle fait connaissance avec Carl Otto, où un circuit autour d’elle s’établit, par quoi ses rencontres en tous sens semblent communiquer (et les deux villes partagées, Berlin, Jérusalem, elles-mêmes se relier). Est-ce parce que ce réseau existe autrement qu’en paroles ? Est-ce par Vanna que maintenant Alé, revenu dans la ville, est soudain mis en danger ? Le carré du récit s’est refermé. Une moitié comme surexposée et toute en reflets ; l’autre enfoncée en soi et engloutie : la ville traversée par une frontière admet une « écluse » en son milieu. Avant-dernier lien de L’Hexagramme et obsédant « récit » d’une femme entre deux horizons, L’Écluse a reçu le Prix Renaudot en 1964.

Né en 1925, docteur en philosophie, Jean-Pierre Faye est un auteur qui explore les voies romanesques, poétiques et philosophiques qui, pour lui, forment un tout. Écrivain engagé dans ce siècle, son ouvrage de référence demeure Les Langages totalitaires (Éditions Hermann). Depuis 2009, Notes de Nuit éditions s’est lancé dans la réédition de son oeuvre et la publication d’inédits.

ISBN : 979-10-93176-03-1
Format : 135 × 215 mm
318 pages
Broché avec rabats
Prix : 20 €
Parution : 11 janvier 2016

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: ANALOGUES // retour << ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Voici un livre qui se développe, dirait-on, à partir des trois récits préalables et distincts, qui ont déjà eu lieu – Entre les rues, La cassure, Battement. Mais il n’est nul besoin de les connaître puisque, à leur intersection, ils vont à nouveau commencer dans une sorte de récit par surcroît. Ce quatrième point de vue, qui n’est autre que leur produit, et comme leur « table de multiplication » – ou leur table d’orientation, si l’on aime mieux – est le témoin de relations déjà présentes mais inaperçues entre des « personnages » que le lecteur est libre de reconnaître : Verdier, Simon et Vanini, ou Mona, El et Guiza. Relations impliquées, mais masquées, par les omissions de toute prise de vue.

Gravitant autour de ce réseau de récits à l’état naissant, on peut donc dire qu’une sorte de satellite, capable de percevoir, vient tout à coup multiplier les vues. Et découvrir en même temps que son objet n’est pas ce « visible », mais l’action presque simultanée du proche et du lointain – les analogies qui ouvrent et ferment de l’intérieur un espace romanesque évident, dans ses superpositions rapides.

ISBN : 979-10-93176-04-8
268 pages – 21 euros
Parution : mai 2015

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: COULEURS PLIÉES - POÈMES // retour << ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

« Ce livre est le triptyque dont la toile centrale est dessin de couleurs pliées et d’énergies renversées où se déplace le remuement des formes, des bêtes, des couleurs et des nuits. » - Jean-Pierre Faye

Couleurs pliées est le deuxième recueil de poèmes de Jean-Pierre Faye, publié en 1965 par Gallimard et jamais réédité depuis. Après Fleuve renversé (publié chez GLM en 1959), il constitue le terreau et la source du « dit » poétique de l’auteur qui est d’une certaine façon le langage premier de toute son œuvre.

ISBN : 979-10-93176-07-9
158 pages – 19 euros
Parution : mai 2015

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: ÉCLATS DANS LA PHILOSOPHIE // retour << ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Éclats dans la philosophie est un livre qui s’est fait à deux. Michèle Cohen-Halimi a proposé à Jean-Pierre Faye une série de mots et de concepts, présents dans son œuvre afin qu’il « rebondisse » sur chacun pour en livre, en un temps « autre », sa réaction et analyse. Preuve, s’il en est, que mot et parole, récit et narration sont en constant devenir. Comme le précise Michèle Cohen-Halimi : « Il s’agit de toucher une ligne mouvante, allant de rebond en rebond par un montage agissant, et selon des constellations de vocables en acte. – Ici l’on tente de cerner les éléments d’un nouvel infini de pensée. Et d’une philosophie de l’avenir. »

ISBN : 978-2-9541100-8-0
239 pages – 23 euros
Parution : février 2015

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: POEME...(s) // retour << ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

« Dire le poème, changer en voix l’écriture, c’est ce moment qui fait survenir le dict, ce qui en langue allemande est le poème lui-même, le dicten, la Dichtung.
- or Mallarmé a écrit pour le Coup de Dés un avant-Dire qui ne peut pas être compté parmi les pages du poème, puisque celles-ci sont au nombre de vingt-quatre, pareilles aux syllabes d’un (double) alexandrin : “l’unique nombre qui ne peut pas être un autre”.
Ainsi le dire du poème est un Compte musical de la Voix, mais c’est l’écriture même qui le change en dict - le change voix : écriture est le secret car poème fut chanté avant d’être écrit et c’est dans cet état du dire qu’il est le dict, le dit même… » - Jean-Pierre Faye

Ce livre contient un choix de poèmes de Jean-Pierre Faye et un DVD audio de lecture de ces poèmes par lui-même, accompagné d’un film sur ses rapports avec la poésie.

ISBN : 979-10-93176-00-0
147 pages – 20 euros
Parution : février 2014

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: BATTEMENT // retour << ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

« Et c’est toi qui fais passer ce sillage dans les listes de noms et dans les rues, qui introduis cette expectative dans la ville, et lettre par lettre tu décrivais le cercle concentrique de Mérie autour du cercle étroit de la chambre et de l’hôtel-pension, du couloir et des chambres voisines, ici, celle de Hal à droite — et tu traçais ce piège tout autour qui doit se fermer là, t’exclure et nous séparer, tu faisais passer ce nouveau toucher au long de la ville, déjà commencé et interrompu, l’attachant au corps de la fille à qui tu t’es substituée. Passant par les mille adresses possibles de Mérie. Par son identité nouvelle. »

C’est en écrivant ce livre en 1962, que Jean-Pierre Faye a pris conscience du jeu de résonance des personnages d’un récit à l’autre, comme du tissage des événements traversant les blessures d’une société déchirée : l’Amérique du maccarthysme avec Entre les rues, le Paris saisi par le putsch d’Alger avec La Cassure et, ici, une Allemagne en proie aux attentas des services secrets français. Pareillement, les narrations sont visitées par les mêmes anti-héros désintégrés : Verdier, lobotomisé, Guiza, psychiquement explosée, V. (Verdier à nouveau ?) piégé. Le lecteur, autre personnage, se trouvera inscrit dans cette trilogie au cœur d’une géographie des villes doublée d’une autre topographie, celle des êtres, qui, toutes deux, de l’écriture du passé à celle du présent, coïncident en des reflets trompeurs. Il y a « battement » entre le jeu des présences et leur éloignement.

ISBN : 978-2-9541100-4-2
254 pages – 21 euros
Parution : juin 2014

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: LA CASSURE // retour << ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

« C’était la même lumière cassée de la lampe, quand je me suis retrouvé assis et ahuri, écoutant le cri qui avait recom¬mencé encore, c’était une troisième fois cette voix étouffée et un bruit de fenêtre bloquée et forcée, puis battant dans l’espagnolette. Toute lumière était éteinte dans la petite cour dont le mur d’en face paraissait à portée de la main, et tout se tenait maintenant tranquille à côté, le sommier a simple¬ment grincé un peu. Le lendemain matin pourtant le cauche¬mar indiscret a tout de suite tenu lieu de complicité entre nous, et tu me jetais un coup d’œil oblique, évasivement contrit, juste après avoir dit très vite à la patronne que tu avais cassé une lampe sans faire exprès, debout devant le comptoir, les chevilles jointes et minces, au tendon mal des¬siné et à peine dégagé du mollet, enfantines de rondeur. En te retournant tu avais une grimace rapide à la cantonade, et tu prenais une chaise là devant, face au mur auquel les pre¬miers arrivés choisissent plutôt de s’adosser, presque seule devant tous, là même où le sieur Charpin dégustait ce matin son pain beurré au goût de poireau et de fer, tu écoutais encore le cri et la fenêtre, avec une envie de rire quand tu baissais les yeux, près de cette piqûre de moustique à l’ombre des cheveux sur la joue, mûrie dans la cour étouffante juste avant le roulis des tramways en dormant. C’est le lendemain seulement que tu as pris un nom, guetté inutilement au comptoir au moment où se remplissait la fiche, tu l’écrivais derrière ton épaule sans que l’on puisse lire, Guiza, debout au comptoir et la tête penchée en avant, le geste et le nom dessinaient ton épaule comme une lampe cachée qui tracerait la frange des choses en restant invisible. Puis tu as payé très vite et tu es sortie, portant à ta gauche la courte valise à fermeture-éclair, bombée et lourde, trop lourde pour son volume, pleine de livres. Un foulard rouge restait sur la chaise. »

Lien n°2 de l’Hexagramme, La Cassure est l’inverse d’Entre les rues. Là où le narrateur souffrait de ne pas souffrir, Guiza est la douleur même, la douleur d’un abîme psychique indolore. À cette cassure sensorielle s’ajoute la cassure à l’intérieur du couple que forment (que formaient ?) Guiza et Simon ; et non pas seulement parce que Guiza, à chaque instant disparaît ; Simon lui-même ne cesse de fournir à ces départs ce qui, pour toute autre femme aurait été d’excellentes raisons : depuis la nuit passée avec Estelle jusqu’à l’amour qui peu à peu le pousse vers Liana. De part et d’autres de cette ligne brisée Simon-Guiza, la cassure passe enfin par deux mondes, celui des militants syndicalistes et celui de la bourgeoise. Ainsi le récit de Jean-Pierre Faye s’approche-t-il comme en tournant, d’un unique foyer.

ISBN : 978-2-9541100-3-5
233 pages – 13 euros
Parution : novembre 2013

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: ENTRE LES RUES // retour << ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Dans une métropole américaine survient un immigré sans projet.

Ce qui est raconté a lieu ici, où il se trouve être sujet à souffrir de ne pas souffrir, tout en lisant de façon claire les signaux du monde. Et comme après l’épreuve d’une chirurgie cérébrale le monde est comme privé de ses angles narratifs, mais pourtant habité, et comme par un monologue coupé au-dessous du récit, où les corps désirés sont eux-mêmes perçus à travers une distraction lancinante et privée d’angle de vue.
Ce qui se tisse par un va et vient depuis les Grands Lacs et vers l’Extrême Ouest, est comme mis à découvert, là où le bruit d’usine se fait entendre, très violent sur une trame vide.
Le narrateur se découvre comme atteint au cœur d’une pulsation conduite sourdement au bord d’espace où il ne peut se reconnaitre pour Kathryn après Mona.
Parcourir l’espace de narration, c’est ici entrer dans une exploration de grand-route et du plus grand danger.
Écrit en 1958, Entre les rues est la première « fiction » de Jean-Pierre Faye, qui devait devenir aussi le premier fil – ou fil premier – d’une toile de récit qui prendra le nom d’Hexagramme en référence à l’Hexagramme mystique de Pascal. C’est littéralement « couché » dans le bateau qui le menait à Chicago, par une nuit profonde, que Jean-Pierre Faye a « vu » ce premier livre, comme s’il le peignait dans le ciel. Là s’est dessinée l’errance d’un narrateur lobotomisé en « cherche » d’identification.

ISBN : 978-2-9541100-2-8
182 pages – 16 euros
Parution : juin 2013

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: L'OVALE // retour << ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Un messager, comparable de façon dérisoire aux ‘représentants en mission’ durant la révolution française, arrive du Centre dans la cité des ouvrières. Celle même–qu’elle se nomme Troie ou Troyes–des tout premiers récits. Il est porteur de message pour elles, en ce lieu crucial dans la révolte des villes du monde, qui se propage de corps en corps, de femme en femme, de figure en figure : ellipse ou ovale.
L’Ovale est le détail qui manque pour décrire l’enfer des versions, en lutte. De son lieu est émis le récit d’un rêve, perturbation capable de produire la fission des récits.
C’est dans le corps le lieu caché désirant.

Écrit en 1975, L’Ovale est la fiction de Jean-Pierre Faye la plus ouvertement porteuse des quêtes d’une possible étude du champ narratif nées avec le mouvement Change que l’auteur initia dès 1967. Il s’agit, entre autres, de traquer et questionner au-delà du récit, l’espace de la narration. Faye cherche alors, de livre en livre et de « fiction » en « poème », à faire sentir que ce qui est décrit n’est peut-être porteur que de ce qui sera révélé ailleurs. En même temps, lecture et écriture sont considérées comme un seul état de la langue et l’écriture des mots est dynamitée en fragments.
Ici le récit des luttes d’amour ou des luttes de classe, renversées les unes dans les autre, obligent l’œil à saisir le texte à la fois dans ce qu’il conte par le récit comme dans ce qu’il trace par sa graphie.

ISBN : 978-2-9541100-1-1
169 pages – 16 euros
Parution : octobre 2012

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: DIDJLA LE TIGRE // retour << ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

« Elle lui a dit avec un mouvement de la main : Il fallait faire ça. Il fallait, jusqu’au dernier.
Ou plutôt maintenant elle disait : Il aurait fallu vraiment le faire. Les tuer tous jusqu’au dernier. Pendant qu’on pouvait.
Il remarquait que ses cheveux lavés se gonflaient dans le vent de savane. Il demandait : Ils les ont tués vraiment. Est-ce que c’est sûr.
Lioube lui touchait le bras : Tu le sais qu’ils n’ont rien fait.
Lui enchaîne : En les tuant ils en faisaient tant d’autres.
Le bois noir des cheveux bougé avec le vent s’est gonflé comme un instrument de musique.
Il lui disait tout bas : il vaut mieux ne pas être sanguinaire dans les paroles quand on est tellement douce dans la peau.
Et il l’avait soudain rapprochée et serrée sur soi, puis il avait ouvert les bras et l’avait laissée s’échapper. Elle avait fait glisser ses épaules en se dégageant, pour descendre vers la citerne d’eau fraîche.
D’en haut il la voit, devenue un fragment racontant dans le paysage. »

D’un côté, un des fleuves d’Amérique latine et indienne, Tigré, d’où surgissent les cris étouffés des martyrs des dictatures. De l’autre côté, le fleuve tumulte nommé par les Arabes Didjla le terrible, d’où s’échappe le chaos bosniaque. Géographie d’amour et de meurtre où Jean-Pierre Faye trace un récit voyageur entre la sensualité la plus dangereusement étouffante des corps désirants et l’envie du sang et des corps mutilés.

Écrit en 1994, ce roman est réédité avec un DVD de lecture complète du texte par Bérangère Bonvoisin ainsi qu’un film où la comédienne interroge l’écrivain à la recherche de Lioube et de Nizâm.

ISBN : 979-10-93176-01-7
148 pages – 21 euros
Parution : juin 2014

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:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: YUMI // retour << ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Yumi, dont la mémoire n’existe pas ou ne veut pas s’éveiller, parcourt l’espace du Japon. Durant l’année 1940, un Empereur, Kommei, a été fait dieu, alors qu’en Europe des millions d’hommes de femmes et d’enfants allaient être exterminés dans les camps de la mort. Interpellée par les déclamations du professeur Fauston, qui nie l’existence du génocide, Yumi entreprend un long et lent voyage de l’Orient à l’Occident, entre ces deux pôles de la douleur humaine : la bombe atomique et les camps de concentration. Yumi s’imprègne, durant son parcours, des narrations tragiques qui jalonnent le paysage humain : corps séduisants et cassures mortelles, nées à l’époque proche et lointaine où l’Histoire décidait d’offrir la mort comme unique projet.

Écrit en 1982, ce portrait d’une femme japonaise au visage « caméra », incapable de se voir mais reflétant le monde et ses habitants, est sans doute, parmi sa bibliographie dense et multiple, le seul roman où Jean-Pierre Faye parle de façon évidente de la Shoah qui, par ailleurs, traverse toute son écriture, parfois à peine visible et le plus souvent invisible, en creux.
Ce roman est réédité avec, en DVD, la lecture intégrale du texte par Aurore Clément.

ISBN : 978-2-9541100-0-4
128 pages – 19 euros
Parution : mai 2012


:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: DIWAN SERTAO // retour << ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

« je peins le point
de passage. Je meurs de l’odeur
marine du vivre et d’être
.inversé dans la mer. Je suis
qui n’est point d’autre espèce
que l’autre sort
.cap au souffle
du sel »

500 euros

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:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: LETTRE A DIA FIDIA // retour << ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

« éteins les yeux, lettre je te verrai
je te vois par une courbure des reins
et la majesté d’épaule
brise la main je prendrai
par la hanche du trait
je ne l’écris que par mouvement
j’irai le dire jusque dans sa voix
la toucherai jusqu’à ses doigts »

200 euros

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