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_ On en parle

Critique de Réflexions sur Toscanini. Musique et Politique

TEXTE A VENIR.

Critique de Éclats dans la philosophie

La plas­ti­cité de la phi­lo­so­phie de Faye est rebelle à tout effet. Si elle « s’adapte » au réel et à l’être, c’est pour mieux l’arracher aux fourches d’une cer­taine méta­phy­sique dont Hei­deg­ger est à la fois le triste paran­gon et le per­ro­quet d’une ingé­nie­rie phi­lo­so­phique des plus dou­teuses. A savoir celle qui se per­met de trai­ter l’être comme un écureuil en cage. Le tout selon un « mon­tage » (mot essen­tiel s’il en est pour Faye) qui fait com­prendre le contraire de ce qui semble s’affirmer et où l’être dis­pa­raît. Faye à l’inverse voit d’abord l’être. Dans ce but, il sort le concept de son auto­no­mie ou de sa limite « de logos » afin qu’il rebon­disse, qu’il sue sa bouf­fon­ne­rie et sa bouf­fée de haine que cer­tains phi­lo­sophes entre­tiennent grâce à lui. Choi­sis­sant (avec Michèle Cohen-Halimi) des « entrées » comme le fit Deleuze dans son Abé­cé­daire, le livre échappe néan­moins à l’effet nomen­cla­ture : il devient une pléiade de nar­ra­tions. Elles per­mettent de tra­ver­ser l’histoire de la phi­lo­so­phie et la phi­lo­so­phie de l’histoire pour retour­ner les « saintes » (à ne pas confondre avec Lou Andrea Salomé ou Sabina Psil­rein, l’égérie « dif­fé­rée » de Freud) s’offrant dociles à la liqueur du Mino­taure dans leurs foi­rades à répétitions.


Jean-Paul Gavard-Perret, Le littéraire

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Critique de Battement

Jean-Pierre Faye est un roman­cier ambi­tieux. Il a fait de la ques­tion poli­tique le sujet même de ses textes sans pour autant prê­cher (ce qui ne sert qu’à conver­tir les convain­cus). Bat­te­ment, comme les autres livres de la pre­mière époque de l’auteur (publiés ori­gi­nai­re­ment au Seuil), pour­suit un des­sein sin­gu­lier. La nar­ra­tion devient une « chose en souf­france » qui se démul­ti­plie au gré de la pas­sion, de la détresse ou de la pas­si­vité de ses actants, voire de la géo­gra­phie des lieux et du temps qu’il fait. Le livre (comme son titre peut le lais­ser entendre) est mobile : divers jeux de dépla­ce­ments dans la nar­ra­tion et la construc­tion créent un secret ou plu­tôt ont pour but de ne pas en lais­ser de traces. Mais l’écriture s’inscrit aussi en faux contre cette volonté de dis­pa­ri­tion afin d’empêcher que les portes de l’histoire ne se referment, non seule­ment sur les pro­ta­go­nistes, mais sur le lec­teur lui-même.

Jean-Paul Gavard-Perret, Le littéraire

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Critique d'Entre les rues

Entre les rues est la pre­mière fic­tion de Jean-Pierre Faye. Elle fut publiée au Seuil en 1958. Toute l’œuvre de l’auteur y est déjà en germe. D’autant que ce texte demeure le fil pre­mier d’un large pro­jet qui pren­dra le nom d’ « Hexa­gramme ». Cette pre­mière nar­ra­tion est une tra­ver­sée des USA – des Grands Lacs jusqu’à la côte Ouest – d’un immi­grant. Par bien des côtés le live rap­pelle le roman inachevé de Kafka L’Amérique . Le nar­ra­teur est un des­cen­dant du Karl Negro du Kafka. Entre les rues devient une sorte de « road-movie » où l’être est pris en ce qui l’emporte sans expli­ca­tion dans l’évocation d’une femme peu à peu sou­mise par le joug « d’un fouet de domp­teur » à l’état de « bête bien dres­sée rou­lée en boule dans l’identité et la peur »…

Jean-Paul Gavard-Perret, Le littéraire

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« Du jour au lendemain »
France Culture, mercredi 12 juillet 2012 0h-0h35: Alain Veinstein reçoit Jean-Pierre Faye pour ses romans « Didjla, le Tigre » et « Yumi »

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« Le Magazine des livres » n°35 : Entretien avec Jean-Pierre Faye

La Bataille de Léda, votre treizième livre, fut publié en 2008. Didjla, le Tigre, ouvrage publié en 1994, est de nouveau réédité. […] S’agit-il de narrations errantes et de quelle façon s’incluent-elles dans votre entreprise romanesque ?

- JPF : La Bataille de Léda surgit sans précaution comme sur le quai de la Gare, et elle vient clore le moment où les enchaînements se rompent. Mais Didjla, le Tigre est survenu comme un accomplissement logique des deux « Mésopotamie », celle de Bagdad, mais aussi celle de Buenos Aires, entre deux fleuves là aussi, là où ont également régné des dictatures violentes, inégalement cruelles […]

- Un Choix de poèmes lus par l’auteur a été récemment publié. Il enveloppe cinquante ans d’écriture poétique. […] Vous écrivez « poème est rançon de l’éclat ». Le mot éclat peut être différemment compris. Désigne-t-il une brisure, un bruit, une lueur ?

- JPF : Oui, c’est la brisure interne qui fait lumière, éclairement –et la lumière use, terriblement, notre univers-, je souhaite que la poésie aussi.

Entretien avec Guy Darol

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